Fermeture annuelle. Réouverture le 29 mars.

Le Château

Probablement l’ensemble castral et militaire le plus complexe et le plus curieux du Périgord noir. 

Commarque fut construit entre les XIIe et XVIe siècles en Dordogne. Ses défenses, ses fossés successifs, ses remparts concentriques et le vertigineux verticalisme de son donjon haut de 80 mètres sont en bel appareil. Ils surplombent un écrin naturel préservé et protégé en vallée Vézère, plus sauvage encore que sa toute voisine vallée Dordogne.

La Génèse

Il est vraisemblable que l’on puisse attribuer la fondation d’un premier donjon, en bois, par l’abbaye bénédictine de Sarlat qui assure la sécurité de son territoire en faisant garder la tour de Commarque par un milites castri. Commarque est effectivement au XIIe un lieu stratégique jouant le rôle de verrou au centre du dispositif de protection des terres et des populations rurales qui en dépendaient.
Très rapidement, vers 1116, Gérard de Commarque, chef de la branche aînée de « la Maison qui avait de toute ancienneté donné son nom à un château considérable en Sarladais » devenu chevalier hospitalier de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, fait don de ses biens à cet ordre.
Ces derniers érigent l’énorme donjon et fortifient le castrum. Leurs constructions présentent des similitudes avec certains châteaux de Terre Sainte (ressemblance avec certaines constructions militaires syriennes, en particulier la forteresse de Saladin).

Naissance d'une coseigneurie

Après la disparition de l’ordre à Commarque, la commanderie passe mystérieusement aux mains des Beynac. Ils héritent ainsi du pouvoir de décision du Roi Philippe Auguste, qui avait donné sa protection et interdisait à quiconque d’inquiéter et d’édifier dans la ville, aux environs ou dans les fiefs de l’Abbaye, sans autorisation de l’abbé, des tours ou des châteaux.

Deux lignages se partageant ainsi le castrum. Au fil du temps, les chevaliers de Commarque éprouvèrent le besoin de renforcer leur position. Cette évolution est d’autant plus impérieuse que des voisins plus ou moins puissants ne tardèrent pas à les rejoindre : des familles nobles, comme les Cendrieux, les Escar et les Gondrix, vinrent s’installer légèrement en contrebas, tandis qu’une autre est un peu en dehors du castrum, les La Chapelle. Commarque devient alors une coseigneurie.

La famille de Commarque est, de toutes celles qui au Moyen-Âge inspirèrent des épopées, une des dernières à subsister et à demeurer sur la terre de ses ancêtres.

L'Ordre de démolition

Pendant la guerre de Cent ans, les Beynac restent les défenseurs fidèles de la Couronne de France. Pons de Beynac bénéficie de nombreux appuis politiques par deux mariages, il s’est allié aux plus puissants seigneurs de la vallée de la Dordogne : Beynac (la branche principale) et Castelnaud. Le 23 avril 1406, Commarque est investi par les troupes de routiers avec à leur tête Archambaud d’Abzac. Leur captivité durera six mois.

L’indépendance des Seigneurs de Commarque et de Beynac effraya le roi Charles IX. Il craignait de ne pouvoir tenir la place et ordonna la démolition de la forteresse. Mais un Commarque, plaidant sa cause, obtint la révocation de la sentence, et sauva ainsi le château de Commarque.

Commarque s'endort...

Dans les années 1500, il semble que le castrum commence déjà à être déserté par les familles résidentes. C’est le cas de la branche cadette des Commarque qui quitte le site originel pour élire domicile sur l’autre rive, dans le château de Laussel.
Le site s’endort alors pendant quatre siècles… avant d’être (re)découvert et sauvé par un descendant direct du même nom.

Une épopée familiale débutée par Hubert de Commarque en 1962

Un site naturel protégé et classé, berceau des premiers hommes